Polémique sur le bio !

Il y a polémique sur le bio ou plutôt il a des intérêts divergeants et des histoires de gros sous....

 

 

Ci dessous:

  • l'article paru dans le figaro magazine sur le fait que "manger bio n'est pas meilleurs pour la santé...

(source le figaro.fr)

  • Et la lettre "droit de réponse" de Claude Aubert ingénieur agronome (source :http://www.formationsbio.com)

 


Manger «bio» n'est pas meilleur pour la santé 

figaro iconMarc Mennessier
Après examen d'une centaine d'articles scientifiques, deux chercheurs estiment que les aliments «bio» n'ont pas d'effet bénéfique.  

Les produits issus de l'agriculture biologique ne sont pas meilleurs pour la santé que les aliments ordinaires. Telle est la conclusion d'une étude publiée dans Les Cahiers de nutrition et de diététique par deux chercheurs honoraires de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), spécialisés en nutrition humaine et sécurité alimentaire.

Après avoir examiné en détail plus d'une centaine d'articles scientifiques publiés depuis 2003, date de la remise du rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), qui concluait, lui aussi, à «une absence de différence significative», Léon Guéguen et Gérard Pascal constatent que «les faibles différences observées ne confèrent pas aux aliments “bio” un avantage nutritionnel ou sanitaire significatif dans un régime alimentaire global».

L'été dernier, un travail similaire effectué par des chercheurs britanniques pour le compte de la Food Standards Agency avait été vivement critiqué par les associations et la filière bio. Lesquelles reprochaient aux auteurs de s'être focalisé uniquement sur les aspects nutritionnels (en oubliant les éventuels risques liés aux pesticides) et de n'avoir pris en compte que les études publiées dans des revues à comité de lecture. «Nous avons décidé, pour clore le débat, d'aborder les aspects toxicité, censés être plus favorables aux produits bio, et d'intégrer quelques études fiables publiées dans ce que l'on appelle la “littérature grise”», explique Léon Guéguen. Dans ce nouveau travail, la balance ne penche pas en faveur du bio.

 

Impact environnemental contrasté 

«Le recours aux produits chimiques de synthèse étant exclu, on retrouve logiquement moins de pesticides dans les produits bio, mais on en trouve quand même…», note en effet Gérard Pascal. La faute aux traitements phytosanitaires effectués dans les champs conventionnels voisins… Pas de quoi s'affoler pour autant : les teneurs retrouvées sont dans les deux cas très faibles. En France, en 2007, une enquête de la Répression des fraudes (DGCCRF) a montré que 92 % des fruits et légumes analysés respectaient la réglementation. Les limites maximales de résidus (dont la valeur se situe, par mesure de sécurité, à un niveau 100 fois inférieur au seuil de toxicité) n'étaient dépassées que dans 8 % des cas. À noter que le cuivre, le soufre, la roténone et l'huile de neem, parfois massivement utilisés par les producteurs bio pour lutter contre certains parasites, n'ont fait à ce jour l'objet d'aucune recherche… «Or ces produits que les gens croient inoffensifs parce qu'ils sont “naturels” peuvent être aussi toxiques que certaines molécules de synthèse», souligne Léon Guéguen. Par ailleurs, si la réduction dans les cultures bio des intrants chimiques (engrais, produits phytosanitaires) favorise la production par la plante de substances antioxydantes bénéfiques pour la santé, comme les polyphénols, elle facilite aussi celle de métabolites secondaires et de toxines naturelles dont l'innocuité n'est pas garantie, estiment les deux auteurs.

S'il se confirme que le fait de manger bio n'apporte pas de bénéfice évident pour la santé, en revanche, l'impact environnemental de ce mode de production est globalement meilleur, mais, encore une fois, contrasté. Un groupe de travail de l'Académie d'agriculture présidé par Bernard Le Buanec, note dans ses conclusions, publiées ce mercredi, que l'agriculture bio permet de réduire les teneurs en nitrates et pesticides des eaux de surface et souterraines. De même, la qualité physique et biologique des sols est améliorée, mais cette pratique peut à la longue «induire un appauvrissement en certains éléments minéraux, qui deviennent alors limitants pour la production». De même, si la biodiversité est plus riche sur les parcelles cultivées en bio, l'impact sur la réduction des gaz à effet de serre et la consommation énergétique reste «difficile à évaluer», avec «des résultats variables».

Mais, en pratique, ces effets positifs ne sont pas opérants du fait de l'éparpillement des parcelles bio. Pour y remédier, les académiciens proposent de «concentrer» les exploitations bio dans certains territoires sensibles, comme les bassins versants ou les zones de captage d'eau potable. Mais ce regroupement n'est pas sans risque. «Aujourd'hui, les champs bio sont en partie protégés des parasites par les agriculteurs conventionnels qui traitent tout autour, note Léon Guéguen. Si on les rassemble au même endroit, les cultures pourraient être détruites en cas de forte épidémie.»


Courrier en réponse à l'article du Figaro....

Courier adressé au Figaro à la suite de l'article paru le 20 février dans Figaro Magazine "Manger bio n'est pas meilleur pour la santé" (un extrait ici).

Bonjour,
Votre dossier sur le bio m’a sidéré. Donc pour vous, à part parfois le goût, rien n’est bon dans le bio ! Je limiterai mes remarques à la question « Le bio est-il meilleur pour la santé ? » et à votre réponse péremptoire : « NON ». Je connais bien les deux études récentes sur lesquelles vous vous appuyez. Pour celle de l’université de Stanford, il ressort de la lecture de l’article que son résumé ne reflète en rien son contenu, en réalité nettement en faveur du bio : plus d’omégas 3, de polyphénols, de vitamine C, de magnésium, moins de cadmium et de mycotoxines. Les auteurs concluent par ailleurs que la consommation d’aliments biologiques peut réduire l’exposition aux pesticides et aux bactéries résistantes aux antibiotiques. Une réduction de 30% pour les pesticides, selon le résumé de l’article, 38% des échantillons conventionnels contenant des résidus contre seulement 7% des bio. Curieuse manière de calculer, puisque en réalité le risque est divisé par 5 ! Mais pouvait-on attendre de cette université, financée notamment par Cargill, qu’elle soit plus objective quant aux résultats de son étude ? Notons qu’en Europe, ce sont 46% des fruits conventionnels et seulement 1,9% des fruits bio, soit 24 fois moins, qui contiennent des résidus (données de l’Efsa).

Quant à l’article de l’American Academy of Pediatrics, il conclut certes à l’absence d’étude faisant la démonstration directe d’un effet bénéfique du bio sur la santé, mais aussi à la démonstration convaincante  que les consommateurs bio sont moins exposés que les autres à des pesticides associés à des pathologies humaines. Une page entière de l’article est consacrée aux risques que fait courir, y compris à la population générale, l’exposition aux pesticides, avec de nombreuses références. Quant aux recommandations faites aux pédiatres, ce n’est pas seulement d’avoir une alimentation variée, mais aussi d’expliquer clairement aux parents les faits qui sont exposés dans l’article. Les auteurs auraient donc pu logiquement conseiller de manger bio, mais pouvait-on imaginer que la très officielle Académie Américaine de Pédiatrie donne un tel conseil ? Aussi improbable que de l’attendre de notre Académie de médecine ! Et pourtant, peut-on sérieusement affirmer aujourd’hui que l’exposition aux pesticides, non seulement des agriculteurs, mais aussi de l’ensemble de la population, est sans risque pour la santé, alors que des centaines d’études montrent le contraire, comme le confirme notamment la bibliographie récente sur ce sujet figurant sur le site www.mangerbiocestmieux.fr.  
 
En vous remerciant de bien vouloir publier ce texte dans le courrier des lecteurs, ou au titre du droit de réponse, dans le prochain numéro de votre magazine.
 
Cordialement
 
Claude Aubert
Ingénieur Agronome spécialisé en agriculture biologique


N'hésitez à taper à la porte de votre producteur et poser lui les questions, demandez lui d'ouvrir ses armoires. (meilleurs manière de se rendre compte !)

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