Maraichage éthique ?

On entend par maraichage diversifié bio, une production d'une large gamme de légumes sur une surface limitée (1 ou 2 ha) dont l'objectif est une production diversifiée à destination d'une clientèle locale. L'intérêt est de produire des légumes avec une saveur et une fraicheur garantie !

Mais ce type de production rencontre des problèmes que l'on refuse de voir ?!

  • Comment palier à la fuite des maraîcher bio diversifiés dans le Cotentin ?
  • Cette activité dans la forme qu'elle est actuellement est elle viable ?
  • Pourquoi tant d'arrêt au bout de 5 à 7 ans d’existence ?
  • Comment soutenir cette activité ou laisser se faire le marché ?
  • Comment motiver des jeunes à s'endetter pour produire et promouvoir ce type de maraichage?

Les réponses a ces questions sont nombreuses et méritent le débat !

 

"Pour ma part je me suis installer en connaissance de cause. Mais je ne suis toujours pas au bout de mes surprises ! On se sent seul ! Les aides administratives ne sont pas légion et quand il y en a, elles alourdissent la machine !

Le temps passé à produire nous empêche d'intégrer les institutions ou nous pourrions nous faire entendre. Alors que faire ?

C'est un métier passionnant, palpitant, il faut rebondir sans arrêt aux caprices de la météo, c'est une course avec et contre le temps pour mettre en place les cultures.

100 consomm'acteur ("client convaincus) suffisent par semaine pour nous faire exister.

Pour inciter les nouvelles vocations ou pour pérenniser cette activité qui pourrait générer de nombreux emplois. Intelligence verte et la ferme de sainte Marthe proposent des solutions (voir ci dessous) mais qui à mon sens ne sont pas réalisables à court terme."

 

Stéphane

 

Source des propos ci dessous : intelligence verte
Les dernières générations de paysans (remplacés par les exploitants agricoles) habitués à travailler dur pour pas grand-chose ne sont pas renouvelées. Les générations qui suivent veulent les 35 heures, les congés payés et un revenu proportionnel à leur travail. Quoi de plus légitime !
 
Si nous voulons avoir dans notre "pays" des "gens" (paysans) qui produisent localement de quoi nous nourrir correctement, nous devons changer nos comportements de payer les agriculteurs le moins cher possible. Le maraîchage éthique est une solution afin de faire face à la pénurie de maraîchers de proximité, pour nous fournir des légumes frais et de qualité.

3 conditions :

  • C'est le respect du consommateur avec des produits agricoles de qualité.
  • C'est le respect du producteur avec une rémunération correcte.
  • C'est le respect de l'environnement avec pas ou beaucoup moins de pollution

4 exigences :

  • Légumes bio (label AB)
  • Légumes frais (cueilli le jour ou la veille)
  • Légumes naturels (non forcés c'est à dire chauffés, hydroponie...)  & récoltés à maturation)
    • Légumes dont on sait d’où ils viennent (on peut visiter le lieu de production n'importe quand !)

Aujourd'hui, il reste une condition très difficile à satisfaire pour être en maraichage éthique :
c'est le respect du producteur avec une rémunération correcte
 
  • C’est la plus difficile car elle dépend du consommateur et non du maraicher.
  • C’est la plus difficile car l’objectif du consommateur est d’abord de payer le moins cher possible avant de se nourrir correctement.
 
Le maraicher doit apprendre à ses clients ou adhérents ce qu’est un juste prix : en dessous d’un revenu de 2000€ net sur douze mois pour le maraicher, nous estimons que les consommateurs ne sont pas éthiques mais restent dans le schéma conventionnel d’exploitation du monde agricole. (cout du panier)
 
N’oublions pas que 2000 € par mois divisé par 50 heures de travail en moyenne par semaine cela fait 9 € par heure
 
N’oublions pas non plus que le maraîcher n’est jamais sûr du résultat. En effet une tempête, une maladie, des animaux, peuvent détruire toute une récolte. Le maraicher doit ainsi gagner suffisamment afin d’économiser pour vivre les mauvaises années.
 
Le consommateur doit apprendre à se dire :« Combien dois-je payer mes légumes afin que mon maraicher ait un revenu décent en rapport avec son travail ? » au lieu de « Comment payer mes légumes le moins cher possible ? »
 
 

Il est encore temps que les consommateurs comprennent qu'ils détruisent l'agriculture vivrière en ne payant pas le juste prix.

Nous comprenons les difficultés financières de beaucoup. Cependant nous ne sortirons pas de ce problème en demandant aux agriculteurs de financer la solidarité. C'est à la collectivité dans son ensemble d'aider ceux qui en ont besoin à se nourrir convenablement. En attendant il existe néanmoins la solution santé, c'est à dire manger moins et mieux.

 

Source : intelligence verte et ferme de sainte Marthe